Rencontres Théâtre

[Médiévales] Rencontre avec la Compagnie Bric à Brac

P1050146__

Lors des 31e Médiévales de Bayeux, nous sommes allés à la rencontre d’Alice Oudet et Marc-Anthony Gomes de la Compagnie Bric à Brac, venue présenter sa dernière création, Omoloùnkà.

Marc-Anthony commence par nous raconter l’histoire de la compagnie. « Bric à Brac, c’est une compagnie qui existe depuis 2012, dont l’équipe a grandi au fur et à mesure. On vient du milieu du théâtre, mais on est peu à peu sorti des planches, puisque l’on s’est retrouvé dans les Médiévales, à faire aussi des spectacles de feu, des spectacles de rue. Notre nom, c’est vraiment ça ». Et Alice de renchérir : « Nous sommes un vrai melting pot ! Il y a aussi un côté pluridisciplinaire. On a une graphiste, moi je fais de la couture aussi, on est comédiens, chanteurs, metteurs en scène, musiciens… ».

Quand on cherche à se renseigner sur la Compagnie Bric à Brac, on apprend que leur compagnie est née d’un besoin d’allier théâtre politique, d’actualité et de divertissement. Marc-Anthony l’explique : « L’art comme média pour parler de ce que genre de sujet, c’est important. Dans le spectacle vivant, on est en confrontation directe avec les gens. On peut avoir leurs réactions, on peut les toucher différemment parce qu’on est là, réellement ».

La déambulation présentée à Bayeux, Omoloùnkà, tire son origine du mythe de l’Homme Vert. Marina Coudray, la graphiste de la compagnie, a fait de multiples recherches autour de ce thème, que nous raconte Alice : « C’est un mythe trans-générationnel et transculturel. On en parle partout, même hors d’Europe ». Omoloùnkà, c’est l’idée d’un retour à la nature, à travers une vaste procession réunissant ce géant de quatre mètres, deux chimères et une chamane. Dans les rues de Bayeux, ces structures monumentale ont étonné, ouverts grands les yeux du public réuni pour l’occasion.

P1050350

Alice nous raconte la confection de ces quatre entités : « Dans notre éthique tournée vers la récupération et l’écologie, toute la marionnette est recouverte de mousse et branche naturelle. On a récupéré des racines d’arbres ». Le design des personnages a été réalisé par Marina Coudray. « Elle a une grande sensibilité envers les univers fantastiques, oniriques… Elle a beaucoup de références, du à son métier. C’est une bibliothèque humaine ! Elle voulait réaliser son rêve. Elle voulait vraiment travailler dans les décors de théâtre, de marionnettes. Avec Omolunka, elle peut enfin voir ses réalisations bouger, et non plus fixées sur du papier… ».

Omoloùnkà est la continuité d’un premier projet, qui réunissait alors la chamane et la petite chimère. « Kélé, la petite chimère, est un oiseau qui ne vole pas, et on cherchait Omolunka pour redonner des ailes à Kélé. Avec Bastien Lecomte, le directeur de la compagnie, on s’est dit que c’était peut-être le moment de faire Omoloùnkà, le géant de 4,5 mètres… ».

Quand on les interroge sur le choix de la déambulation, Marc-Anthony nous explique : « La forme de base était déjà une déambulation. La chamane et la chimère portée peuvent être en fixe. Pour les deux autres, pour des questions de poids, c’est plus difficile. Puis, ce sont des grandes structures, c’est mieux de les voir évoluer dans les rues. On aime le côté festif de la procession ! ».

Si quasiment tous viennent d’un parcours théâtral, certains se sont aussi formés à la marionnette, comme Alice. « Avec Marina, on a fait des stages de marionnettistes. Même si une marionnette portée est différente d’une marionnette classique, ça permet de mieux comprendre comment elle bouge ». Marc-Anthony est l’un des artistes qui fait évoluer Omoloùnkà au fil des rues. « On a été partie prenante de la fabrication. On sait ce qui peut craquer, ce qui tient, ce qui fonctionne. Etre dans la conception permet de maitriser l’engin correctement ! ».

S’ils viennent d’abord des planches, les artistes de Bric à Brac ne cachent pas leur intérêt grandissant pour la rue, comme nous l’indique Marc-Anthony : « Aller dans la rue nous plait de plus en plus. Il y a une spontanéité, un besoin d’improviser que l’on trouve vraiment intéressant, qu’on a envie d’explorer. C’est bien de sortir de sa zone de confort ». C’est Alice qui conclut : « J’ai commencé les Médiévales en 2010, d’ailleurs, je suis passée à Bayeux cette année là. C’est un univers qui m’a toujours plu. J’aime les rencontres, ce qu’il s’y passe, l’émerveillement. C’est une vraie immersion. Le public n’est pas figé, c’est nous qui allons vers les gens. On vient de cette école qui défend le théâtre pour tous et partout… ».

Nul doute que lors de cette nouvelle édition des Médiévales, le géant Omoloùnkà aura fait parler de lui. Dans les petites ruelles du centre médiéval, cette chamane et ces trois structures monumentales avaient des allures de parades fantastiques, si réelles…

À propos de l'auteur

Laurine

Laurine

Rédactrice Musique
Laurine, 25 ans, passionnée par la rencontre des arts d'ici et d'ailleurs. Chargée de production et de diffusion au sein d'une Compagnie en Arts Mêlés, je jongle entre Paris et Caen, toujours à l'affût de nouvelles découvertes. Pour Culturacaen.fr, je suis essentiellement rédactrice musique, chargée des chroniques et des live report, mais je fais également quelques explorations dans les arts de la rue !