Rencontres Théâtre

Jérémie Fabre et ses Canards pour l’Invention de Moi

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Je retrouve Jérémie Fabre, auteur, metteur en scène et comédien dans la compagnie Habaquq, dans les locaux de « J’aime beaucoup ce que vous faites. ». Nous montons un escalier étroit, pour arriver au dernier étage dans un studio aménagé en bureau, sous les combles.

Nous nous installons, et il me présente son nouveau projet avec sa compagnie : L’invention de Moi. C’est son dernier projet d’écriture, qui sera composé de trois pièces, elles-mêmes composées de plusieurs épisodes. La particularité de ce projet est d’être une auto-fiction, une « mythologie personnelle ». Jérémie part de ses souvenirs enfances, qui sont tous un peu flous, pour les réinterpréter, les romancer. Ainsi il construit ce personnage : Moi, le personnage principal du projet. Les autres rôles, sont tous présentés à partir du point de vue de ce dernier, nous retrouverons alors : « mon père », « ma mère », « mon grand-père »… Jérémie, à l’aide de ce Moi, et de ses propres souvenirs d’enfance, crée un univers concret, mais romancé.

Une des pièces de ce projet se nomme Les Canards, composée de trois épisodes. Cette idée de plusieurs pièces, divisées en épisodes pour un même projet, avec les mêmes personnages, lui vient d’une nécessité d’innover. Au lieu de présenter quatres heures de spectacle, sa compagnie propose plusieurs épisodes. Il m’avoue qu’en ce moment, les temps sont durs pour les compagnies indépendantes, ainsi il y a ce besoin de trouver de nouvelles solutions pour attirer les gens au théâtre, cette nécessité d’innover.

L’invention de moi, est une des solutions possibles. De plus, il m’explique que la société change, on voit l’apparition de nouvelles contraintes. Le théâtre doit évoluer, Les Canards est une des évolutions possibles. Cette pièce réinvente le langage du théâtre : elle a l’avantage de pouvoir être jouée partout, dans tous les lieux possibles, et elle est à destination de tous les publics. Il faut inventer une nouvelle forme d’autonomie, ainsi Jérémie et sa compagnie ont créé un concept nouveau et rafraîchissant : les habitants-comédiens. Dans chacun des épisodes on retrouve 5 rôles qui sont joués par les habitants-comédiens. Ce sont des personnes recrutées à l’avance dans la ville de la représentation. Cette initiative permet une rencontre directe avec le public, un rapprochement qui paraît essentiel aujourd’hui pour Jérémie. Dans Les Canards, il y a Moi, le narrateur qui a une nécessité de parler, un besoin urgent de s’exprimer, de comprendre ce qu’il fait là…

On retrouve cette importance de la parole au sein même de la compagnie, qui la concrétise en jouant ses pièces partout et le plus souvent possible. Ensemble, la compagnie Habaquq dans son besoin de jouer, a concrétisé le théâtre archaïque, ils ont mis en avant le texte, toujours le texte. Donc on remarque dans le jeu, le décor, une forme archaïque : on fait avec ce que l’on a. Il a fallu déconstruire les habitudes de jeu de tous les comédiens.

Les Canards : c’est l’histoire de Moi. Ses parents avaient un élevage de canards. Moi, un jour mis un doigt dans l’œil d’un canard. Stupéfaction, le canard ne ressentit rien ! Moi, en déduisit qu’il y avait un vide dans le canard, petit à petit il échafaude des théories, tout en s’identifiant à ce canard. S’ensuit alors une suite de péripéties rocambolesques.

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