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Rencontre avec Thylacine

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En mai, lors des Papillons de Nuit, nous avons rencontré Thylacine, jeune artiste angevin, qui fait désormais beaucoup parler de lui. Avec lui, on a voulu comprendre, décortiquer, la manière dont était né Transsibérien, ce petit bijou d’album, qu’il est venu présenter en live. Cette rencontre, à l’image de ce projet, nous a fait voyager, par delà-les steppes. On vous promet, on entendait presque le bruit du train…

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A l’origine du projet, une réflexion sur lui, sur sa manière de composer, « Je me suis rendu compte qu’enfermé dans un studio, je ne suis pas hyper productif. J’ai vraiment besoin de me nourrir de trucs. Je me suis rendu compte que quand je voyageais, ou même dans le train, entre des concerts, c’était des moments assez productifs. Je me suis penché à faire un projet un peu plus large. Quand je suis tombé sur le Transibérien, oui, je me suis dit que ça pouvait être le meilleur studio, parce que j’avais aussi assez de temps pour composer un truc assez conséquent, pas juste deux morceaux, entre Paris et Brest ».

Alors Thylacine est monté dans le Transsibérien, a navigué de villes en villages. Il le raconte lui-même, rien n’était prévu à l’avance, ce voyage avait des allures de route vers l’inconnu. A chaque arrêt, « il y avait au moins une personne qui nous attendait entre guillemets, et qui pouvait nous parler de la ville, ou nous emmener quelque part. Et après, en général, ce contact là, ou d’autres qu’on rencontrait ensuite, nous emmenait voir d’autres personnes… »

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Thylacine nous raconte, les yeux un peu dans le vague, les multiples escales, pour passer deux ou trois jours dans une localité, à vivre les choses intensément, à croiser les rencontres, pour finalement reprendre le train, et repartir toujours plus loin. « J’enregistrais plein de trucs, et après, je remontais dans le train, tout s’arrêtait. Je me retrouvais enfermé dans ma petite cabine, avec le paysage qui défile, et tout mon matos pour bosser directement là-dessus ».

Avec son équipe, ils sont partis avec une traductrice russe, ayant vécu en France. Elle les a accompagné, pour faciliter les rencontres, nouer le contact plus aisément, et aussi, « se mettre dans le style local, connaître les coutumes ».

Quand on l’interroge sur l’identité musicale qu’il a octroyé à chaque ville, Irkutsk, Moscou, comme autant de cartes postales, Thylacine approuve : « je trouve ça juste dans le sens où c’est une vision, un instantané de la ville. C’est vrai qu’à Irkutsk, j’ai eu la chance de rencontrer ces polyphonies, qui étaient vraiment des chants locaux, donc c’est ce qui m’a marqué le plus. Moskva, Moscou, c’est vrai que c’est la dureté, et le côté très, très droit de la ville qui m’a frappé et que j’ai retranscrit un peu dans ce morceau ».

En l’écoutant, c’est l’humanité qu’il entend mettre dans chaque création qui nous frappe. « Ca m’intéressait de plus en plus de présenter un projet qui n’est pas que de la musique, mais qui a une histoire. C’est une histoire avec des personnages, des rencontres, qui en plus, n’est pas une histoire fictive. Pas faire une énième recherche musicale, mais vraiment aller à la rencontre d’autres cultures, d’autres musiques, pour ramener une histoire. J’adore ce pouvoir que peut avoir la musique, comme ça, de transmettre des émotions, des ambiances… »

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Thylacine l’admet, le fil de l’album ne suit pas réellement celui du Transsibérien, « je sais, chronologiquement, tout est un peu mélangé. Donc après, je me suis juste penché à les mettre dans un sens qui, musicalement, me plaisait, sachant que tout était un peu lié… ».  Ainsi, si le Transibérien part de Moscou, on ne trouve Moskva qu’en milieu d’album. Il nous précise que celle-ci a été finie dans les dernières, le temps de la retravailler en studio, de la peaufiner pour lui donner l’intensité et le son percutant qu’elle a aujourd’hui, et qui fonctionne divinement bien en live.

Après un tel album, on aurait juste envie de le suivre, de monter avec lui dans le prochain train, peu importe la route, peu importe la destination, juste pour parcourir ce chemin là… Thylacine pense déjà à la suite, conforté dans cette idée « de composer de la musique, pas juste tout seul dans son coin, mais en rencontre avec d’autres personnes, des paysages… ». On a eu beau essayer, il n’a rien voulu nous dire de sa prochaine destination. Qu’importe, on l’y suivra les yeux fermés, prêts au voyage, à la découverte, des autres et de ces sons qu’on ne connaît pas encore…

À propos de l'auteur

Laurine

Laurine

Rédactrice Musique
Laurine, 25 ans, passionnée par la rencontre des arts d'ici et d'ailleurs. Chargée de production et de diffusion au sein d'une Compagnie en Arts Mêlés, je jongle entre Paris et Caen, toujours à l'affût de nouvelles découvertes. Pour Culturacaen.fr, je suis essentiellement rédactrice musique, chargée des chroniques et des live report, mais je fais également quelques explorations dans les arts de la rue !