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Rencontre avec Fakear au FNAC Live !

Fakear

Au FNAC Live, festival gratuit ayant lieu sur le parvis de Hôtel de Ville de Paris, nous avons retrouvé Fakear, vendredi dernier. Cette nouvelle date parisienne, avant son passage au Zénith de Paris, en novembre, était l’occasion de l’interroger sur son album Animal et la conception de son live, découvert à Beauregard.

Animal regorge de belles collaborations, qui, comme il nous l’explique, ce sont dessinées par hasard. « Avec Rae Morris, on a le même manager anglais, qui nous a branché ensemble, c’était juste un feeling. Il nous a réservé une journée en studio, il nous a mis ensemble et on a fait trois chansons, dont Silver et Leaving Tokyo». Pour Andreya Triana, que l’on retrouve sur le titre Light Bullet, tout est parti d’un remix, d’un échange. Ils se sont retrouvés trois heures en studio. Le morceau était né. Le point commun de toutes ces collaborations ? Le feeling humain. Fakear y met un point d’orgue. Dans le futur, un remix de Patrice est prévu, une collaboration avec Jain également.

Dans l’univers musical de Fakear, l’omniprésence des voix nous frappe dès la première écoute. Il nous l’explique : « C’est quelque chose qui a toujours été là pour moi. Ça vient de mes racines un peu pop-rock. J’ai besoin d’une guitare, d’une ligne de basse, de batterie et d’une voix lead. Et je calque ça un peu sur ma musique ». Selon les émotions qu’il souhaite transmettre, il envisage le type de voix qui pourrait les transcrire. « Ça peut être des voix féminines douces, des voix un peu plus agressives. Je n’ai pas beaucoup de voix masculines. Vu que c’est un album qui parle d’amour, pour le coup, je suis resté dans les voix féminines douces ».

Pour lui, Animal est la suite logique de Sauvage, son précédent EP. « Pour moi, Animal, c’est vraiment le grand frère de Sauvage. L’EP annonçait déjà cette couleur, un peu solaire, qui était les prémisses de l’album, mais il y avait déjà des tâches un peu sombres, avec Darjeeling, Pale War God, des tracks très lourdes ». Il a repris les ingrédients, l’esprit de Sauvage, pour construire son prolongement, à travers ce premier album. « C’est un peu pour englober cette idée de retour instinctif, de retour aux bases, de se souvenir qu’on fait parti du règne animal. On n’est pas plus, ni moins. Sauvage annonçait un peu la couleur de ça. Animal, je pose les trucs, vous êtes des animaux ».

Fakear 2

Quand on lui parle de l’album, Fakear le décompose en deux temps. Pour lui, le cœur de l’album se déroule de Sheer-Khan, entrée en matière redoutable, jusqu’à Leaving Tokyo. Les trois derniers morceaux sont vus comme un prolongement, « des titres qu’on a rajouté, comme une version deluxe ». Le cheminement au fil de ces morceaux s’est fait pour lui, de manière instinctivement, en ressentant la manière dont on pouvait voyager entre eux. « C’était vraiment la volonté d’être presque comme un set. Commencer un peu bourrin, et ensuite, il y a Silver, Animal, ça construit vraiment l’ambiance avec des tracks un peu fortes. Ensuite, tu as vraiment le cœur de l’album, entre My Own Son, Red Lines, De la Luz, puis ça monte, La belle âme, Ankara, le sommet de la vague… Il y a vraiment cette volonté de s’élever vers quelque chose de plus en plus solaire, puis ensuite, Light Bullet et Leaving Tokyo, c’est l’atterissage ».  A l’écoute, le ressenti est tel qu’il l’avait espéré. On y trouve des montagnes russes, une impression de s’élever, redescendre, avant de connaître l’envie irrépressible de recommencer le voyage, à peine l’album fini.

En live, le set de Fakear est travaillé, peaufiné. Il est accompagné par plusieurs musiciens, dont une fantastique harpiste. De temps à autre, il se met également aux percussions. L’ensemble donne une forme hybride à ce set, une musique électronique enrichie et embellie par les musiciens qui le rejoignent. Dans le public, c’est aussi une manière de ressentir l’album, de manière plus viscérale. « Le but, ce n’est pas de venir, de jouer l’album, et de dire « allez, mettez vous tous dans l’ambiance » alors que tu ne fais rien, que tu ne donnes pas de toi. Le but c’était d’incarner l’album, de lâcher prise, d’incarner ce retour à quelque chose d’instinctif, de primitif, et nous, de la vivre sur scène. C’est un peu un truc pédagogique : nous, on va lâcher prise, pour que le public le fasse à son tour. On va essayer de les entraîner là-dedans, de faire une grosse bulle à nous tous, d’englober tout le public, venez tous, et on est tous des animaux ».

Sur la scène du FNAC Live, Fakear a fait suite au live écourté, pour cause de problèmes techniques, de Synapson. A son arrivée, le public était dans l’attente, prêt à rugir. Pas de fausse notes, pour le jeune artiste caennais. En live, son électro prend tout son sens, gagne en intensité, jusqu’à faire vibrer les quelques milliers de personnes présents sur le parvis de l’Hôtel de Ville et dans les rues annexes. Le son, doucement enragé, viscéralement solaire, nous a offert le voyage qu’il nous avait expliqué vouloir créer, avec des moments forts, comme sur Ankara.

Pour l’avenir, Fakear continue à composer, comme il le fait toujours. Il poursuit sa tournée, et attend de l’avoir terminé, de calmer son rythme affolant, pour pouvoir se recentrer sur ses émotions, et se pencher sur un nouveau projet. D’ici là, continuons à virevolter dans ses montagnes russes animales, on n’aura jamais fini d’en faire le tour…

À propos de l'auteur

Laurine

Laurine

Rédactrice Musique
Laurine, 25 ans, passionnée par la rencontre des arts d'ici et d'ailleurs. Chargée de production et de diffusion au sein d'une Compagnie en Arts Mêlés, je jongle entre Paris et Caen, toujours à l'affût de nouvelles découvertes. Pour Culturacaen.fr, je suis essentiellement rédactrice musique, chargée des chroniques et des live report, mais je fais également quelques explorations dans les arts de la rue !