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Portrait : Ass Bean Royal Klub

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Association créée en 2010 avec une activité ininterrompue depuis, Ass Bean Royal Klub est aujourd’hui l’une des attractions phares de la région caennaise pour tout amateur de musique techno et house. Dirigée par Hugo Châtelet, l’asso accueille des DJs résidents que sont Januszki, Seax, Jo Parakeet ou encore Aleks TVT et Alex Deguy plus récemment. Nous avons rencontré Hugo et Alex (Januszki) pour comprendre l’identité et les activités d’Ass Bean Royal Klub.

 

LES ORIGINES

La création du collectif fut l’initiative de Stéphane Rageot, Lex Vertex, R-Franck et Frédéric Lévèque. « J’ai rejoint l’équipe en 2011 car ils avaient besoin de renfort sur la communication« , nous dit Hugo. Aujourd’hui, c’est lui qui porte le flambeau et la responsabilité du projet.

« À l’origine, j’avais créé l’association Systemik avec Maxime Quintin, on organisait des soirées au Farniente, des soirées privées et des partenariats notamment avec Caen la Mer« . Quand l’association s’est arrêtée, ce sont R-Franck et Lex Vertex qui ont contactés Hugo car il était sans activités. Le contact s’est fait rapidement : « je connaissais ces gens via le festival Nördik Impakt dans lequel j’étais bénévole depuis 2006« .

 

LES ÉVOLUTIONS : DE 2010 À AUJOURD’HUI

Nos hôtes sont clairs : « à la base, cette asso est un projet de potes et on faisait quelques soirées« . Aujourd’hui, tout a changé : « on est beaucoup plus pros, on a même déposé un dossier pour la licence de spectacle, ce qui nous permettra d’avoir plus de liberté par rapport au cadre associatif« .

Pourtant, l’asso a manquée de s’arrêter en plein vol, mais « l’entourage de ceux qui nous ont quittés nous ont poussé à continuer, et c’est ce qu’on a fait« .

En terme musical, les jeunes dominent aujourd’hui : « on avait besoin de sang neuf et les anciens membres devenaient de moins en moins disponibles, ça implique que notre identité sonore a évoluée sans que l’esprit musical n’ai bougée« . Januszki a intégrée l’association en 2014, ses premières étaient à cette occasion. Sa rencontre avec la team lui a donné le goût du djing qu’il travaillera ensuite sans arrêt. Jo Parakeet a intégré l’asso dans la foulée.

Les limites aujourd’hui est qu’il est encore impossible de salarier quelqu’un, ni même de créer un label par « manque de fond« . Pour autant, l’esprit est toujours intact : « on est attaché à la dimension club, conviviale, sur les rencontres et ce cadre familial« .

 

COMMENT EXPLIQUER LE RÉCENT SUCCÈS ?

Aujourd’hui le changement est radical, et Hugo sait parfaitement à quand cela remonte : « il y a eu clairement un avant/après EXTRA XXL » (soirée en before de Nördik Impakt 2015 en octobre avec notamment James Ruskin et Spencer Parker, ndlr.). « La différence est nette, car depuis cette soirée-là, on est systématiquement sold-out à toutes nos soirées au moins trois jours avant« .

L’un des principaux facteurs est ce qu’on pourrait appeler la hype techno d’aujourd’hui, avec l’explosion de fréquentation des Concrete à Paris et de tout ce genre de soirées. La demande se voit dans les programmations de festival et dans des labels comme Drumcode qui explosent leurs compteurs d’écoutes.

Selon Januszki, l’autre facteur est plus psychologique : « les gens préfèrent sortir dans une grosse soirée en salle de concert plutôt qu’en boîte de nuit. Rien que la lumière, le VJing et le système son sont des valeurs ajoutées« . Rappelons également qu’aujourd’hui, seuls l’Icône et une poignée de bars caennais programment de la musique club.

Les limites ? « En terme d’accueil, même si on va sans doute passer en XXL à toutes les soirées. À vrai dire, tout est possible dans la limite du budget, du temps et de la main d’oeuvre« . L’apogée n’est donc pas encore arrivée : « on veut vraiment proposer de la performance et étoffer cette dimension de fête qui nous est chère« .

 

PROGRAMMATION ET IDENTITÉ MUSICALE

Hugo sait très bien comment faire marcher les soirées d’un point de vue musicale : « je pense la programmation en terme d’atmosphère, car il ne faut pas fatiguer le spectateur tout en restant cohérent et évolutif« . Techniquement : « on commence toujours par un warm-up en house et tech-house, puis un peak time musclé au moins sur les basses et pas forcément sur les BPM (battements par minute, ndlr.) ». Les résidents jouent une heure et demi, mais pour les invités : « un set de moins de deux heures n’est pas intéressant« .

 

LES SOIRÉES À L’ICÔNE

Pour Hugo, il est important de garder les soirées dans ce petit club qui ne dépasse pas les 100 places en terme de capacité. Il a néanmoins conscience ce qu’il représente : « c’est le seul club électro à Caen, et il a la particularité d’être petit et intime, ce qui permet de rencontrer directement les gens et d’être proche du public« .

Dans le monde de la nuit à Caen, la grosse évolution s’est produite en deux ans : « avant, il y avait le Zinc, le Farniente, le Bunker et Nördik qui avait une programmation plus pointue. Il y avait une demande, mais le public était plus cultivé. Aujourd’hui, la popularité s’est accélérée en à peine deux ans« .

 

LES PROCHAINS ÉVÉNEMENTS

Samedi 8 octobre : « En attendant Nördik Impakt » : EXTRA! XXL w/ Anthony Parasole, Ryan Elliott, Dudster, VERTUØZE, …

À propos de l'auteur

Pablo

Pablo

Co-fondateur de Culturacaen.fr - Rédacteur Musique
Obsédé de mélodies et de bruits en tous genres. Aime voyager dans le temps...