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Nördik Impakt : retour sur la bouillante édition 2017

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Clap de fin sur Nördik Impakt 2017. Une édition très Techno, mais qui aura su étonner par un léger éclectisme au moment des soirées au parc expo. Temps forts, déceptions et instants un peu mornes, voici notre bilan (subjectif !) de la grande messe des musiques électroniques.

 

VENDREDI

 

Nous arrivons assez tôt le vendredi soir, car cette année, la qualité n’attend pas l’heure tardive. Et c’est le cas avec deux artistes locaux : Digital Cosmic Disco et Ethereal Structure. L’un se situe plus dans une house assez percutante, l’autre nous a étonné par la finesse et cette dimension très pointue de son set. Une musique ambiante agrémentée d’une Techno onirique, pour une prestation admirable, mais devant bien trop peu de monde.

Nous nous dirigeons ensuite vers le charmant « Hall of Death » où Amelie Lens vient de commencer son set. Buzz du moment, le public est donc massivement au rendez-vous, et on comprend soudainement le peu de monde dans le « Wonder Hall ». La Belge n’attend pas pour envoyer ses tracks puissantes et survoltées, et ça marche auprès de la foule. Mais on ressortira de la prestation en restant sur notre faim, car s’il fut efficace, le set nous a semblé un peu trop linéaire et répétitif malgré des morceaux ébouriffants. Ce sera moins le cas par la suite avec Paula Temple qui, malgré une coupure intempestive, nous a démontrée toute sa maestria avec une puissance hors norme. Chapeau, madame.

Mais le véritable événement du « Hall of Death » n’était nul autre que Manu le Malin. Une musique folle, une puissance monstrueuse et une technicité unique, ce set fut sans aucun doute l’un des meilleurs et sans doute le plus singulier de Nördik Impakt 2017. Autre dinosaure de l’electro française et habitué/ami du festival, Vitalic nous a présenté son nouveau live « ODC » dans le « Hall of Fame ». Du grand spectacle sous toutes ses dimensions avec une incroyable mise en scène et une plus grande simplicité qui nous a bien plus charmé que son précédent live « VTLZR ».

Est ensuite venu le « moment scène régionale », puisque Vertuøze et Darkvibe jouaient en même temps dans deux salles différentes. L’un, dans le « Wonder Hall », nous a bluffés par sa dextérité et son feeling avec le public, ce qui nous a donné un grand moment digne d’un grand artiste juste avant l’excellent set de DJ AZF. L’autre, dans le « Hall of Death », a eu la lourde tâche de passer après le grand Manu, mais il s’en est sorti avec brio avec une Hardcore d’une rare violence qui a réussi l’ambition de mettre tout le monde d’accord.

 

SAMEDI

 

Une nuit plus tard, nous nous dirigeons vers le centre-ville ou la fête allait commencer tôt avec Meute. Résultat : une ambiance chaleureuse qui parvient à réunir un large public autour de grands emblèmes de la Techno, mais en fanfare ! Du génie, tout simplement ! Le soir, nous ne verrons malheureusement pas la bande dans le « Hall of Death ».

Encore une fois, la soirée au parc expo commençait tôt ce samedi. Et le déplacement valait largement la peine pour Barnt. Le DJ venu de Cologne nous a démontré la meilleure façon d’entamer une soirée. Une maîtrise rare et une manipulation du public déconcertante. C’était l’un des sets à ne pas manquer, et nous n’avons pas été déçus.

Troisième « moment scène régionale » avec Aerosphere et Raito. L’un est un jeune duo live qui a l’audace de rester en improvisation totale durant une heure, pour un résultat très soigné. L’autre est seul, mais est un producteur de talent qui sait également la manière de faire un bon DJ set. Ultra-efficace et sans concession, le discret Raito, de l’écurie Boysnoize Records, a tous les atouts pour exploser au grand public amateur de musique électronique.

La grosse claque du soir encore rouge sur notre visage est le set d’Helena Hauff. Non seulement bluffant de maîtrise et impeccable, elle aura eu la faculté de proposer le set le plus pointu du week-end, et aussi le plus impressionnant. Dans la même veine, mais dans un autre style, Elisa do Brasil avait la parfaite maîtrise de l’instant, avec une Drum & Bass profonde, angoissante et puissante.

Enfin, le « Hall of Fame » est resté en demi-teinte pour nous avec le set assez moyen de Umek. Mais c’était sans compter sur les prodiges Tale of Us. La meilleure conclusion possible pour cette édition, c’étaient eux. Tout en finesse et en subtilité, mais sans oublier une puissance à la dimension du gigantesque parc expo. Au final, 4 heures tellement logiques se sont passées du début de Mind Against à la fin de Tale of Us, un vrai savoir-faire de programmation de la part de la team Nördik Impakt.

Nördik Impakt, c’est donc sans aucun conteste le grand rendez-vous de la nuit à Caen que nous attendons tous impatiemment. Une grande édition.

À propos de l'auteur

Pablo

Pablo

Co-fondateur de Culturacaen.fr - Rédacteur Musique
Obsédé de mélodies et de bruits en tous genres. Aime voyager dans le temps...