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Dayazell au Trabendo !

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Un vendredi soir de novembre, à Paris. On s’est laissé guider jusqu’au Trabendo, pour retrouver le quatuor toulousain Dayazell, vendredi dernier. Il y a quelques mois, nous les découvrions aux Médiévales de Bayeux. Peu après, nous chroniquions ici leur dernier album, Nizhâm. Ici, ils se produisaient en première partie de Wardruna, groupe norvégien connu notamment pour avoir signé une grande partie de la bande originale de la série Vikings.

Tout semble différent. Pour cette date parisienne, la salle s’est substituée à la rue. Habitués à les écouter, au milieu d’un public mouvant, nous les redécouvrons ici, dans une atmosphère attentive, à l’écoute. Chez les spectateurs, tous, ou presque, sont venus pour Wardruna, dont le Trabendo est l’unique date française. Quand le premier morceau s’amorce, la salle est encore agitée… Et pourtant, Mitt Adertonde Ar, leur sublime morceau suédois, a suffi à capter l’attention de ce public…

Comme à son habitude, Dayazell n’impose rien, mais ouvre simplement une porte, celle de leur univers, et laisse le public s’y engouffrer. Le groupe prend place, et commence doucement à diffuser ses sonorités, venues d’ici et d’ailleurs. Et sans que l’on s’en rende compte, nous voilà partis avec eux, dans leur caravane. Un morceau, un seul, et quand les applaudissements retentissent, nous avions déjà oublié où nous étions… Dayazell se joue délicieusement de l’espace et du temps.

Le titre mongol, Dynqyldaj, prend la suite. C’est Nnay, joueur de ney, de chalumeau et de flute, qui pose sa voix, sur l’un des meilleurs morceaux de Dayazell. Le voyage se poursuit, et dans le public, les spectateurs entrent plus encore dans cette sphère musicale, pas tout à fait comme les autres.

Sur Masmoudi, les percussions arabes s’élèvent. On retrouve la darbouka de Guilhem, qui nous avait tellement emportés à Bayeux. Plus encore, c’est sur Ah Nice Bir Uyursun que le voyage prend sa plus belle envergure. Les sonorités se répondent, avec le cistre de Yann. L’hymne soufi nous entraine dans sa transe, les yeux fermés, à l’affut des ondes lumineuses que Dayazell diffuse. La voix d’Isao, bien qu’on l’ait connu plus poussée, se charge de charmer nos âmes… En langue inconnue, elle chuchote à nos oreilles des mots que leur musique nous fait comprendre… Quand sa voix s’élève, dans un divin râle, cela nous émeut, une nouvelle fois…

Leur première partie se termine, sur Yes Siretsi, morceau arménien. On se noie dans les méandres de sa douce musicalité, portée par la voix d’Isao… C’est là tout l’art de Dayazell : bercer le public d’un Trabendo complet, par ces sonorités délicieuses aux allures de transe chamanique…

Et pourtant, à peine le voyage a t-il commencé, que déjà il touche à sa fin, pour laisser la place à Wardruna, très attendu. A l’applaudimètre, on comprend que Dayazell a séduit, et fait embarquer sur son pont une bonne partie du public…Lumières rallumées, on entend encore l’écho de la voix d’Isao et de leurs percussions habiter le Trabendo, ou bien est-ce simplement nous, qui n’arrivons pas à nous extraire de leur océan musical…

À propos de l'auteur

Laurine

Laurine

Rédactrice Musique
Laurine, 25 ans, passionnée par la rencontre des arts d'ici et d'ailleurs. Chargée de production et de diffusion au sein d'une Compagnie en Arts Mêlés, je jongle entre Paris et Caen, toujours à l'affût de nouvelles découvertes. Pour Culturacaen.fr, je suis essentiellement rédactrice musique, chargée des chroniques et des live report, mais je fais également quelques explorations dans les arts de la rue !