En Live Musique

Ce qu’il faut retenir de Beauregard 2016

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Un grand cru que ce festival Beauregard avec sans doute la meilleure programmation de son histoire, et pas la pire météo ! 33 groupes pendant 4 jours, de quoi régaler ses oreilles. Voilà ce que vous avez manqué ou vu pendant ce week-end assez dingue…

 

« ELLE EST OÙ CORINE ? »

 

« The Day Before », c’est le rendez-vous devenu incontournable de Beauregard. Le groupe légendaire de cette édition : Téléph… euh Les Insus ! Mais d’abord, les caennais de Gandi Lake ont démarrés ce festival avec un nouveau set tout frais. Et quel concert ! Sans doute leur meilleur set, Joseph (basse) et Arthur (batterie) l’ont d’ailleurs ressentis comme tel. Place ensuite à Last Train, groupe prometteur qui a décidé de fouler les routes tout l’été. Jeunes et survoltés, le set des rockeurs était puissant et bluffant. Sans être un énième AC/DC, le quatuor réussi l’exploit de nous fournir un hard rock solide et défoulant.

Ils s’étaient séparés en 1986, les voilà réunis 30 ans après ! Un des plus grands groupes français de l’histoire était à Hérouville, mais pas sous leur nom original. Quelle qu’en soit la raison, ça n’a pas empêchée à la soirée d’être pleine à craquer. 26 000 personnes étaient donc faces à Aubert, Bertignac et Kolinka ainsi que leur set exclusivement composé du répertoire de Téléphone. La Bombe humaine Crache ton venin, Ça (C’est vraiment toi)New York avec toi, Flipper, Un autre monde, tellement de chansons qui sont chantées par le public avec joie. Pas un coup d’épée dans l’eau, mais bien la presque résurrection d’un groupe qu’on a rêvé de voir.

 

BOUM BOUM DANS LES OREILLES

 

Vendredi a démarré pour nous avec Nekfeu, loin de faire l’unanimité chez les festivaliers mais extrêmement populaires chez les plus jeunes. Sans appréhension de notre côté, son show nous a littéralement bluffé. Du grand spectacle sur une grande mise en scène submergée d’écrans, un rappeur au sommet de sa forme et un final magnifique avec fumée et confettis. C’est déjà la fête !

On calme un peu le jeu ensuite avec Beck. Artiste cultissime voire légendaire, plein de classe et un vrai sens du show. Sa folk sans faille nous a plu et nous a donné du baume au coeur. De même que pour nos amis belges de Ghinzu qui enchainaient juste après.

Commence alors la partie électro de ce week-end avec les non des moindres The Chemical Brothers. Quel culot faut-il avoir pour commencer un show avec son plus grand tube ? En tout cas, les frères l’avaient en commençant par Hey Boys, Hey Girls et a ainsi réussi à mettre tout le monde dans sa poche. Le reste du live est rempli de subtilité et de magnificence, et même parfois d’une puissance hors du commun. Mention spéciale pour l’instant aérien sur Swoon, morceau gorgé d’émotion.

On enchaine avec The Shoes qui a réussi l’exploit de réveiller un public plutôt stoïque face à un show juste dingue. Des GIFs en fond de scène, un éclairage complètement fou et un groupe très présent sur scène. Tous les morceaux, y compris les nouveaux, passent très bien sur scène et nous en mettent plein la figure. Pareil pour Rone, même si sa configuration « light » sans écran et son orientation très techno nous aura plutôt déçu. Mais quel bonheur d’écouter les magnifiques Freaks ou Parade en live. Un grand artiste à voir, on ne le répètera jamais assez.

 

IT’S BEEN A LONG TIME SINCE I ROCK AND ROLLED

 

Un samedi qui commence avec du local tout frais, Shake The Ronin. Ils nous avaient convaincus au tremplin AÖC qu’ils ont remportés, nous avons été emballés aussi à Beauregard ! À 15:30, chauffer le public n’est pas une mince affaire. Et pourtant, le quatuor de Bayeux a réussi à motiver les quelques centaines de personnes présentes, bien joué !

L’après-midi suit son cours avec Get Well Soon et The Horrors jusqu’à Naive New Beaters. Ceux-là viennent vraiment d’une autre planète. Un groupe complètement perché mais une musique qui emballe toute la foule, une chouette surprise.

Qu’on aime ou pas le style de Brigitte, les gens étaient venus en nombre pour ce duo phénomène et leur concert était parfait. Une présence scénique qui met tout le monde d’accord (surtout les monsieurs) et une setlist réfléchie et cohérente. Le plus surprenant dans tout ça, c’est l’incroyable besoin de danser qui a émergée chez tous les festivaliers, nous y compris. Du très très bon ! Les sensations ont été les mêmes pour La Femme, avec un show très bien rodé, à la française !

Vient alors le moment de nostalgie avec un des dieux du rock. Robert Plant a bien vieillit, mais c’est à se demander si sa voix n’a pas bougée d’un poil. Son répertoire personnel passe en priorité en constituant la majorité du set. Set qui reste maigre en Led Zeppelin, et les quelques morceaux joués sont modifiés pour coller avec le nouveau style et sonner moins « heavy rock ». Entendre Black Dog nous fait quand même monter les larmes, mais pas de Stairway To Heaven ou Kashmir, dommage. Le moment était quand même grand et unique.

La prestation de The Avener ne nous a pas vraiment emballée, mais si du monde était là pour l’accueillir. Concernant The Kills, leur rock sale, élégant et leur show sans variantes arrivent à nous charmer. Seul problème, peut-être un peu tard en terme d’horaires. Et pour finir, c’était le retour à la maison pour notre Fakear. On se souvient de lui à la MDE en 2013 devant 100 personnes. Mais ce soir là, il jouait devant 15 000 personnes. Plutôt réservé en terme de communication, son live est quasiment arrivé à l’apothéose avec des morceaux qui prennent une dimension spectaculaire sur scène. Beaucoup plus convaincant qu’aux Papillons de Nuit en 2015, Fakear a brillamment rempli sa mission.

 

EURO 2016 vs. DÉESSE DU ROCK

 

Cette dernière journée n’a pas échappée à la tradition présente chaque année : le syndrome du dimanche calme. Une bonne partie de l’après-midi était propice au cadre familial, c’était sans doute le but recherché.

On commence avec Grand Blanc, venu directement de Metz. La puissance électroniques des percussions vient rencontrer l’énervement de la guitare de Benoit David et la douceur de la voix de Camille Delvecchio. Le tout est chanté en français avec des paroles métaphoriques et mélancoliques. Ajoutez la pluie et l’énorme sono de festival, et l’alchimie prend. Le live est grandiose, spontané et parfaitement réussi. Une bonne claque.

C’est là que la journée devient plus calme même si les concerts sont bons. Jeanne Added nous emballe par sa personnalité, Jain par son énergie et sa fraicheur simple, Lou Doillon et Beirut par leur style singulier. Mention spéciale à Beirut pour avoir imprégné la clairière de Beauregard par une ambiance douce et unique.

On vous rassure, PJ Harvey était grandiose. Les nombreux musiciens sur scène constituaient la particularité de ce live, on est vite transporté dans l’univers dingue du personnage. Un charisme fou et une présence qu’elle seule maitrise tout en restant stoïque et de marbre face à l’immense foule. D’autant que l’équipe de France de football allait vers la victoire au même moment, le faible réseau a heureusement (ou malheureusement ?) épuré le public d’une distraction annexe. Plus qu’un live, un chef d’oeuvre.

On s’approche de la fin, et Louise Attaque est bien déterminé à tout retourner. La clairière est pleine à craquer et les plus grandes chansons font transformer le public en chorale géante. L’ambiance est festive, ce sera une belle conclusion pour une grande partie du public. L’autre partie vient voir le show de qualité de Jurassic 5.

 

Une belle fin pour un magnifique festival à la programmation vraiment irréprochable. Beauregard prend son envol en déployant ses ailes splendides. Sans doute l’une des meilleures éditions depuis 2009. Un grand bravo, et une félicitation aux bénévoles souriants et motivés. À l’année prochaine !

À propos de l'auteur

Pablo

Pablo

Co-fondateur de Culturacaen.fr - Rédacteur Musique
Obsédé de mélodies et de bruits en tous genres. Aime voyager dans le temps...