En Live Musique

André Manoukian en concert au Théâtre de Cherbourg

Au théâtre ce soir : Mr André Manoukian, et son orchestre de jazz. Dans cet endroit divin qu’est le théâtre à l’italienne de Cherbourg. On avait l’impression de toucher du bout des doigts le ciel.IMG_5797

Ce superbe Théâtre à l’Italienne est classé Monument historique depuis 1984. Le plafond, peint par Georges Clairin (qui a travaillé à l’Opéra de Paris), représente la Comédie (Thalie), le Drame (Melpomène), la Musique (Euterpe) et la Danse (Terpsichore) et est surmonté d’un lustre en cristal. On doit les sculptures au Cherbourgeois Louis-Alexandre Lefèvre.

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Fidèle à lui-même, André Manoukian était très bavard, expliquant le cheminement de sa pensée lors de l’écriture de ses « morceaux, pièces, piécettes » de musique. Il s’est réfugié auprès de son piano, après avoir été quitté par ses « quinze chanteuses » qui l’inspiraient, étaient ses muses. Pour lui, quand la femme chante, elle « déplace l’air, fait vibrer les tympans et transpirer la moustache ».

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André nous raconte son périple pour venir jusque chez nous en train « et quel train ! » « ça existe encore des trains comme ça ?! ». Le théâtre entier a rit aux éclats, ne connaissant que trop bien nos vieux trains corail. Ils n’avaient pas eu le temps de manger « C’est pas grave, il y a un wagon restaurant ? »  « Non ! », « Bon, quelqu’un passe dans les wagons alors ? » « Non !! »

 

Ses influences musicales sont orientales, il s’inspire de ses origines arméniennes pour nous faire partager cette musique un peu mélancolique, qui n’est ni gai ni triste, mais entre les deux, un peu romantique « Je suis heureux, mais tu vas peut-être me quitter, mais peut-être pas, mais aujourd’hui je suis heureux… », c’est ainsi qu’il nous explique les tonalités de sa musique, provoquant les rires du théâtre. Il évoque ce que déclenchent les instruments en nous : ceux en forme de lyre (guitare, violoncelle, contrebasse, piano…) sont « apollinien » tandis que ceux comme la batterie sont « dionysien », en référence au dieu du vin Dionysos, donnent envie de boire et de danser.

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André Manoukian nous raconte une autre chanson, l’histoire d’une princesse en haut d’une tour (serait-ce Raiponce ?) et dont l’amoureux vit dans le village voisin. La princesse s’interroge « J’y vais, j’y vais pas… Si j’y vais, je vais souffrir…. Mais si je n’y vais pas, je vais souffrir aussi… » Rires encore dans la salle, tandis qu’il nous présente le fameux « tchouchouk », une flûte, dont sort une mélodie qui ressemble à un chant plaintif.

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Pas qu’un concert, cette soirée était un véritable cours de musique, en compagnie d’un passionné!

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À propos de l'auteur

Julie

Julie

De formation scientifique, je m'intéresse au théâtre, au cinéma et à l'écriture depuis toute petite, ce qui me permet de trouver un juste équilibre entre vie professionnelle et passions ! Sur Culturacaen, je partagerai avec vous l'actualité culturelle sur Cherbourg.