Découvertes Expositions

Christophe Cuzin à l’artothèque

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A ceux qui arpentent les allées des expositions d’art contemporain en assénant des « si ça c’est de l’art contemporain, moi aussi je suis un artiste », l’exposition qui se tient à l’artothèque de Caen depuis le 17 janvier et jusqu’au 21 mars est pour vous.
Christophe Cuzin, avec son installation « Les miroirs feraient bien de réfléchir… », est un artiste clairvoyant et précurseur. En effet, s’il se définit lui-même comme un « peintre en bâtiments », il avoue humblement que ses œuvres peuvent être réalisées par tout le monde. Seulement lui, il les a exécutées.
Lorsque l’on entre dans l’espace d’exposition, on se demande où est l’œuvre. On ne voit qu’une sorte de squelette de coque de bateau, peint dans un bleu quelconque, surmontée de la charpente datant du XIVème siècle, et laissée apparente lors de la réhabilitation du Palais Ducal. Mais ce premier sentiment de supercherie disparait lorsque l’on comprend la démarche de l’artiste. Depuis 1989, son parti pris est de ne plus fabriquer d’objets, mais de se réaliser dans des œuvres in-situ. L’architecture devient son « espace de peinture », et la perception du spectateur-regardeur fait partie du processus.

 

christophe cuzin artotheque

 

Au détour des livrets laissés à la curiosité des spectateurs et après une conversation avec une médiatrice du lieu, le brouillard se dissipe, et les jeux de miroirs se mettent en place. Tout d’abord, le jeu de miroir entre les espaces, à savoir l’espace d’exposition dans lequel nous circulons, et l’espace de la charpente. Les images d’archives, sur lesquelles l’artiste a travaillé en amont, nous montrent l’espace inférieur réalisé en miroir de ce qu’étaient les combles jadis, lorsqu’ils servaient de dortoirs à ce qui était alors l’école normale des institutrices.
Jeu de miroir entre passé de cet ouvrage de bois et le présent de la réalisation de l’artiste. Mais aussi, miroir entre les modes. Car ce que nous apprend cette œuvre, c’est que désormais, l’esthétique se mêle au fonctionnel, la charpente autrefois plâtrée et lissée pour être utilisée, sonne comme une révélation architecturale lors de la réhabilitation du bâtiment.
Les miroirs finissent donc par réfléchir notre expérience du lieu, en fonction de notre perception et de nos gouts.
Dans la pièce attenante, les toiles pixélisées réalisées à partir d’images d’archives du bâtiment s’ajoutent à cette volonté de miroirs des pratiques et d’investissement du spectateur, ces œuvres numériques étant destinées à être brodées au point de croix par les emprunteurs de l’artothèque.

Les miroirs feraient bien de réfléchir…. de Christophe Cuzin, sera jusqu’au 21 mars à l’artothèque de Caen.
Informations : Artothèque, Palais Ducal, Impasse Duc Rollon, 14000 CAEN, située derrière l’Abbaye aux Hommes. Espace d’exposition ouvert du mardi au samedi de 14h a 18h30.

À propos de l'auteur

Jane

Jane

Rédactrice Expositions
Jane, créatrice de l'entreprise de médiation culturelle "Quel art est-il?". Passionnée d’art (mais pas que!) et diplômée d’un Master en histoire de l’art et architecture, je vais vous donner envie de découvrir les musées et vais vous faire passer de l'autre côté du tableau avec la rubrique expos.