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[Médiévales] Rencontre avec Sembadelle !

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Rencontrer Sembadelle, au grand complet, c’est quelque chose. De toutes nos rencontres du week-end, celle-là aura été la plus drôle, et en même temps pleine de belles choses. Ils sont cinq comédiens, remplis d’énergie, à l’affût de la moindre vanne, du jeu de mots, gens de théâtre convaincus, qui, entre deux rires, nous racontent leur parcours…

Pour eux, tout commence au Salon Fous d’Histoire de Pontoise, en 2013, où ils jouent leur première pièce, Le Mariage Forcé de Molière. Ils sont élus « Gros coup de cœur Théâtre & Spectacle de rue ». En 2015, ils réitèrent, avec L’Amour Médecin. Anthony nous raconte : « Ce qui nous a le plus apporté, c’est que ça nous a donné un nom dans le milieu », et Charlotte,  à l’origine de la compagnie,  renchérit : « On a notre place en tant que pros… On tâtonne, et on n’est pas surs, il faut apprendre. Là, ça reconnait le fait qu’on est une compagnie pro, qu’on est légitime ».

Leur particularité : Sembadelle propose des pièces de répertoire en théâtre fixe, et sur une thématique qui est liée, des déambulations théâtrales, pour sillonner les rues. Un concept assez rare… Ils transportent leur farce, à la rencontre du public. A Bayeux, ils ont joué Le Cortège des Epousailles, pour chercher un époux à Dorimène. Dès le vendredi soir, lors du défilé, le public en riait déjà. Charlotte, à l’initiative de la compagnie, nous explique qu’aujourd’hui, les organisateurs sont en demande de déambulation, pour interagir avec le public. Leurs propositions artistiques leur permettent également d’amener du théâtre en fixe : « on est des comédiens, c’est aussi ce qu’on cherche… Avoir du texte, être mis en scène, avoir un espace de théâtre… Et c’est encore ce qu’on veut essayer de défendre. Et je suis très contente, au bout de trois saisons, d’arriver à amener le théâtre dans la rue, comme ça se faisait à l’époque… Le meilleur retour, c’est quand le public nous dit que c’est cool d’entendre ça dans la rue ! Ca, c’est les meilleurs moments ! ».

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Ici encore, on rencontre des touche à tout, comédiens, metteurs en scène, costumiers, créateurs de décors. Charlotte s’est mise à la couture, s’est rendue compte qu’elle adorait ça, alors elle a mis « la main à la pâte ». D’ailleurs, c’est son maître mot. Ils ont tous mis la main à la pâte. Charlotte fait le gros des costumes, et ses joyeux acolytes la relayent. Anthony a conçu les décors et ils s’y sont tous mis, enfermés dans un hangar, pour les faire naître. Du vrai collectif… Et dans leur propos, dans leur complicité, cette notion transparaît, de manière évidente. Quand Charlotte nous parle des débuts chaotiques, on les sent tous impliqués. Tous ensemble, et que vogue la galère !

Aujourd’hui, Sembadelle prend son envol. 2016 est pour eux « une très belle saison, avec de jolies dates ». Leur équipe est fixe depuis environ un an, et Anthony le reconnait « Aujourd’hui, je pense qu’on commence vraiment à trouver notre équilibre ».

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Et si Molière est arrivé deux fois sur la route de la compagnie, c’est parce que Charlotte, au cours Florent, y a redécouvert ses pièces. « Dans Molière, l’intrigue est facile, donc vraiment tout public. La prose te plonge dans l’histoire…».  Charlotte l’avoue, elle n’est pas prête à écrire elle-même une pièce, pour jouer en fixe. Ecrire les canevas des déambulations demande déjà beaucoup de temps, d’investissement. Mathieu, quant à lui, considère que cela fait aussi parti de leur marque de fabrique, de ce qui rend Sembadelle particulier : « Nous, notre valeur ajoutée, c’est qu’on travaille sur du répertoire. On apporte une langue française riche, des auteurs que le public n’a pas l’habitude d’entendre ou d’aller voir au théâtre. Pour le moment, on a fait deux fois du Molière, mais on pourrait penser à du Goldoni, du Jarry… Ecrire nous-mêmes, ça nous rapprocherait de ce qui existe déjà, et de ce qu’on fait dans la déambulation ».

Alors Sembadelle continue son petit bout de chemin prometteur, avec cette démarche, tellement belle et volontaire, d’amener le théâtre à ceux qui ne vont pas vers lui. Et pour ces joyeux comédiens, il suffit de leur laisser deux minutes la parole pour sentir que ces grands passionnés n’auront de cesse de porter ce projet avec leurs cinq fois deux bras, pour continuer à faire résonner le théâtre sur les pavés…

À propos de l'auteur

Laurine

Laurine

Rédactrice Musique
Laurine, 25 ans, passionnée par la rencontre des arts d'ici et d'ailleurs. Chargée de production et de diffusion au sein d'une Compagnie en Arts Mêlés, je jongle entre Paris et Caen, toujours à l'affût de nouvelles découvertes. Pour Culturacaen.fr, je suis essentiellement rédactrice musique, chargée des chroniques et des live report, mais je fais également quelques explorations dans les arts de la rue !