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[Médiévales] A la rencontre de la Cie Aouta !

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Samedi, on a rencontré Guillaume Rigaud et Jeoffrey François, de la compagnie Aouta. En répondant aux questions de Culturacaen, ils sont revenus sur le parcours d’Aouta, l’environnement dans lequel ils évoluent et la manière dont a été créé Macabra, leur dernier spectacle, présenté à Bayeux à l’occasion des Médiévales.

Guillaume nous raconte l’origine du nom de la compagnie qu’il a créé, avec Jeoffrey François et Samantha Donat, avec une « simple envie de faire ses propres créations, gérer ses propres idées avec d’autres personnes. Aouta, c’est un mot en occitan qui veut dire Autan, comme le vent d’Autan, vent qui vient du sud-est de la France ».

Derrière ce nom gravitent sept à huit artistes, musiciens, jongleurs, danseurs, chanteurs, circassiens…et même fakir ! Leur musique médiévale est dépoussiérée. Ils ne cherchent pas à rejouer des airs, déjà existants, ou alors, seulement en partie. Guillaume insiste : « On est vraiment dans le domaine de la création, c’est essentiellement de la composition ! Ensuite, en résidence, on met tout sur la table, pour savoir ce qu’on en fait. Chacun va amener sa petite touche ».

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Sur scène, pour Macabra, on trouve également une marionnette, imaginée par Guillaume. Les masques en crâne sont aussi de sa création. Jeoffrey, quant à lui, est musicien, joue des percussions, mais danse et jongle aussi. Alors, évidemment, se pose la question de cette étonnante polyvalence. « En médiéval, et en spectacle de rue, on retrouve souvent soit des multi-instrumentistes, quelqu’un qui reste musicien mais qui va jouer de tout un tas d’instruments, comme nous d’ailleurs, flûte, cornemuse, nyckelharpa, chalumeau, violon, accordéon. Et pareil dans les arts du cirque, ça va de l’acrobatie à la jongle, au feu, aux échasses. ». C’est aussi une question de nécessité. Jeoffrey nous l’explique : « avoir plusieurs disciplines, savoir faire des échasses, du feu, et proposer ça à un bon niveau, ça permet d’assurer le régime de l’intermittence. Puis, avec le temps, on se forme, pour développer certaines compétences. Apprendre à souder, à sculpter. Ce spectacle a son équivalent en spectacle de feu, avec huit artistes et un technicien. On a énormément de choses dessus, des coupes de plaques, de la soudure, des choses à coller… ». Ce à quoi Guillaume ajoute : « On essaye de travailler avec des professionnels, le plus possible, mais ça a un coût. Donc comment on fait, quand on ne peut pas ? Ah bah tiens, moi je sais faire ça, puis on s’y met… ».

La dernière création de ces artistes touches à tout se nomme Macabra. « A la base, on est parti sur la thématique des danses macabres. L’idée, c’était de ne pas créer un truc glauque » nous raconte Guillaume. Pour travailler ce thème, ils se sont basés sur des fresques de la fin du XIVe siècle. Sur scène, ils sont affublés de masque en crâne, de costumes sur lesquels sont dessinés leurs os et squelettes. Quand ils sont face en nous, en déambulation, ils impressionnent. Leurs sonorités sont un peu obsédantes, volontairement intrigantes. La musique répond au visuel, de manière évidente. Amoureux du feu, de la pyrotechnie, ils ont également adapté ce spectacle dans une version « Âmes et flammes » nocturne. Pour Jeoffrey, « c’est une passion,  du plaisir, c’est quelque chose qui nous fait vraiment vibrer. C’est quelque chose qui nous plait, on aime bien en chier, en fait ! On aime bien ne pas s’arrêter à la facilité, on aime bien aller au bout, les développer… ».

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Quand on leur demande pourquoi ils se sont tournés vers le monde médiéval, Jeoffrey nous raconte son attachement à ce réseau, à ceux qui le font vivre : « C’est un réseau qui nous plait. Au niveau des rencontres, des propositions qu’on peut faire, c’est quelque chose de très enrichissant et de super intéressant. On va rencontrer des compagnies, des publics. C’est un retour qui est différent, pour moi, que dans un festival ». Guillaume renchérit, confirmant notre sentiment d’être en présence d’un véritable festival d’arts de rue : « Il y a vraiment de belles fêtes médiévales, comme Bayeux, avec des spectacles de qualité, avec dans les compagnies, des gens issus de tout milieu, du cirque traditionnel, au conservatoire de musique classique, du chercheur, à l’écrivain… Et des gens vraiment, vraiment formés, pas juste un troubadour. C’est un vrai milieu de spectacle, d’arts de rue, comme on pourrait avoir à Aurillac… Sauf que le contexte s’y prête et géographiquement, Bayeux, on a une superbe cathédrale, on va préférer mettre du médiéval ».

À propos de l'auteur

Laurine

Laurine

Rédactrice Musique
Laurine, 25 ans, passionnée par la rencontre des arts d'ici et d'ailleurs. Chargée de production et de diffusion au sein d'une Compagnie en Arts Mêlés, je jongle entre Paris et Caen, toujours à l'affût de nouvelles découvertes. Pour Culturacaen.fr, je suis essentiellement rédactrice musique, chargée des chroniques et des live report, mais je fais également quelques explorations dans les arts de la rue !