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[Médiévales] A la rencontre d’Adeline Flambard

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En mars dernier, et en vue de ces 30e Médiévales, nous avons rencontré Adeline Flambard, responsable de l’Action Culturelle de la ville de Bayeux, pour entrevoir l’envers du décor d’une telle manifestation, rendez-vous culturel incontournable sur le territoire !

«Les Médiévales, c’est toute l’année»

Quand nous l’interrogeons sur le calendrier du montage d’un tel événement, Adeline Flambard insiste sur ce « calendrier à long terme » et précise : « Le lendemain des Fêtes Médiévales, on fait un debriefing où on parle déjà de l’année suivante ». La programmation est arrêtée à la fin du mois de mars. « Ensuite, on rentre dans l’aspect technique, logistique et coordination générale. Cela va de la restauration, de l’hébergement, des besoins techniques de son, de lumière, des bottes de paille par ici, du bois par là…D’avril à juin, il y a plein de coups de fil qui se passent pour faire en sorte que tout soit prêt ! ».

Gérer la programmation de la saison culturelle d’une ville, c’est aussi « être dans l’actualité de chaque domaine artistique dans lequel on travaille. Et ce n’est pas toujours évident ! ». Pour cette raison, Adeline Flambard et son équipe collaborent avec Christophe Dargère, spécialiste du monde historique médiéval et responsable de l’Association pour l’Histoire Vivante. Ce dernier peut ainsi faire des suggestions de compagnies, tant en spectacle vivant qu’en reconstituteurs, pour lesquels il est spécialiste. Adeline Flambard souligne l’importance d’être précis : « Il faut vraiment trouver des reconstituteurs de qualité, des costumes, les ateliers qu’ils peuvent donner. Christophe les connaît, je peux lui faire confiance ».

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« C’est l’ensemble de la Mairie qui y travaille ! »

Pour organiser cet événement, tous les services sont mobilisés, celui d’Adeline Flambard, évidemment, soit dix-huit personnes, mais aussi le service communication, la voirie, les services techniques, la comptabilité… Tous participent à la mise en œuvre de ces festivités. Dans son service, c’est Martine Aimable, son adjointe, qui est essentiellement chargée des Médiévales. Elle trie et étudie les très nombreux mails de proposition reçus chaque jour. « Tout n’est pas bon. Sur dix, on ne va peut-être en garder qu’un. Dès qu’il y en a un qui nous intéresse, on va regarder, demander une vidéo. On se renseigne auprès des gens avec qui ils ont déjà travaillé ».

« Il y a une vraie programmation ! »

Aujourd’hui encore, les Médiévales en général, subissent une image parfois péjorative, d’un public qui ne les connaît pas. Loin de la vision folklorique que l’on pourrait imaginer, la plupart sont devenues de véritables festivals d’art de rue, proposant des programmations riches et diverses. Adeline Flambard le remarquait déjà, à son arrivée dans le service, il y a treize ans : « Ce que je trouvais dommage, c’est que l’image des Médiévales n’était pas du tout son contenu. Tout le monde pensait que c’était quelques troubadours, un petit producteur, on fait un petit tour, et voilà… Alors que pas du tout, il y a une vraie programmation ! J’essaye de l’expliquer parce que les gens qui ne connaissent pas les Médiévales n’ont pas cette image ».

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Quand on lui pose la question des partis pris, dans le choix des compagnies de théâtre, d’arts de rue, et groupes de musique, Adeline Flambard nous énumère tous les points auxquels il est nécessaire de penser. « On recherche un théâtre populaire, médiévale, dans la farce, sans aller dans le vulgaire. Il faut que l’on ait quelque chose pour les familles, souvent drôle. Dans la musique, il nous faut de la musique festive, qui envoie, percussions et autres, pour être bien entendue ». L’équilibre des niveaux est important : dans le défilé, il faut penser à jouer entre les éléments au sol et les échassiers, pour gagner en hauteur et être vus du plus grand monde. « On a deux grands axes : ceux qui vont jouer en fixe et ceux qui déambulent. Dans ceux qui déambulent, il faut qu’ils puissent circuler dans les rues ». Celles-ci sont pensées pour quadriller le centre-ville. « On a cinq parcours de déambulation. Le public est obligé, à un moment donné, de tomber sur une compagnie ».

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En termes de fréquentation, Bayeux est le troisième rendez-vous médiéval de France, derrière Provins et Dinan. Dans la région, c’est l’événement qui lance la saison estivale, réunissant aussi bien public local que touristes étrangers, pris dans le flot des festivités. « Vous mettez du spectaculaire, de la musique, des bâtisseurs qui font des démonstrations, des reconstituteurs, pas besoin de mettre des sous-titres ! ».

A l’inverse de beaucoup d’autres fêtes médiévales, Bayeux a, depuis le début, fait le choix de la gratuité. « C’est un choix politique, il faut clairement le dire ! ». Adeline Flambard reconnaît qu’il serait envisageable de fermer une partie de la ville, pour en faire une section payante, « mais ce n’est pas du tout l’esprit de la fête et ça ne le deviendra pas ! ». Un engagement de la ville, donc, qui prend en charge une très grande partie du budget de cette manifestation, soutenue également par le Conseil Départemental et Conseil Régional.

Pour cette 30e édition, la ville a choisi d’en faire un événement encore plus dense. Ainsi, il est élargit géographique, jusqu’à la Place Saint-Patrice, en terme de propositions, avec le cinéma en plein air, et sur la durée, passant à une semaine.

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«Faire que les gens restent curieux»

Adeline Flambard soutient et rappelle son attachement à la découverte. Elle apprécie, à côté des têtes d’affiches de cette 30e édition, de pouvoir maintenir « un certain nombre de découvertes, des choses complètement différentes, avec une diversité, et montrer plus de choses. C’est bien, les têtes d’affiches, quand on peut, mais il ne faut pas que ce soit que ça. Les Fêtes Médiévales ne sont pas dans cet esprit là. Nous, on va rester sur cette volonté de garder une programmation diversifiée, et de faire en sorte que les gens restent curieux. Il ne faut pas que le spectacle vivant ne soit que des têtes d’affiches… ». Et de rappeler que, tout au long de l’année, Bayeux soutient la création, par le biais de résidences. Pas de hasard, à Bayeux, il est toujours temps de découvrir, de se nourrir et de s’émerveiller…

À propos de l'auteur

Laurine

Laurine

Rédactrice Musique
Laurine, 25 ans, passionnée par la rencontre des arts d'ici et d'ailleurs. Chargée de production et de diffusion au sein d'une Compagnie en Arts Mêlés, je jongle entre Paris et Caen, toujours à l'affût de nouvelles découvertes. Pour Culturacaen.fr, je suis essentiellement rédactrice musique, chargée des chroniques et des live report, mais je fais également quelques explorations dans les arts de la rue !