Divers Hors les murs

Les Médiévales de Bayeux

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Ces 4 et 5 juillet, Bayeux a de nouveau renoué avec l’ère médiévale ! Costumes d’époque et épées à la taille, la ville a encore plongé dans son histoire le temps d’un week-end.

A Bayeux, l’événement est un temps fort du calendrier. Comme chaque année, les abords de la cathédrale, et tout le cœur historique de la ville, deviennent le théâtre d’un grand marché artisanal où se côtoient produits de bouche, bijoux, costumes, armes médiévales, et tavernes. Les commerçants sont évidemment habillés pour l’occasion. Badaud, on déambule dans les rues, en oubliant peu à peu l’époque à laquelle on appartient. Place de Gaulle, un campement d’artistes est installé, ainsi qu’un salon du livre. Au fil des rues, on croise tour à tour des créatures monstrueuses effrayant les enfants et des êtres féériques grimpés sur échasses.

Bien qu’elle soit un rendez-vous important du week-end, la grande parade costumée du dimanche matin a du être annulée par la municipalité, pour cause de météo peu clémente. Ce contretemps n’a toutefois pas empêché la fête de battre son plein tout le reste du week-end ! Ces fêtes médiévales 2015 ont réservé au public une programmation de choix, avec des spectacles variées dans chaque coin du centre-ville. Bien qu’il nous ait été impossible de voir l’ensemble des propositions, Culturacaen revient pour vous sur certains des temps forts de ce programme ! Du côté de la Place de Gaulle, le Cirque Pouce a proposé son ballet aérien, Les Oiseaux. La corde lisse, le cerceau et le tissu aérien s’entremêlent dans cette partition pour quatre interprètes, tout en poésie.

Dans la cour de l’Hôtel du Doyen, les compagnies se suivent et ne se ressemblent pas. La Compagnie Entr’Act a joué Les Al’varez se la jouent, spectacle musico-burlesque ébouriffant, qui s’est achevé, samedi après-midi, avec les envolées d’une circassienne à la corde lisse. On y a également vu la Compagnie Tornals pour Le pavé claque sous nos poulaines, proposition étonnante de musique festive et jonglerie. Sourire garanti à la sortie. Portée par la musique médiévale dépoussiérée de ces joyeux lurons, le jongleur fait frissonner le public en envoyant son diabolo dans les airs ou en ensorcelant son bâton du diable (mais finalement, c’est un peu nous qu’ils ensorcellent, ces occitans là !). Les Derniers Trouvères ont quand à eux offert plusieurs concerts de musique médiévale pure.

Sur la scène du parvis de l’Hôtel de Ville, il s’en est passé de belles choses ! La Compagnie Scaramouche nous a fait son Scarashow. Manuel en plusieurs étapes pour comprendre les ficèles d’un spectacle, le public a pris un joyeux cours d’effets (très) spéciaux, de cabrioles en tout genre, de bruitage, de gentils et de méchants. Face à ce spectacle de cape et d’épée haut en couleur, il faut le dire, petits et grands étaient bien d’accord pour rire ensemble !

Au milieu de cette belle programmation, notre coup de cœur s’est posé sur l’excellent spectacle proposé par la Compagnie Tornals, Autour d’Ibrahim Hassan : La Tanoura. Ce projet est une belle histoire. L’un des musiciens nous l’explique, à la fin de la dernière représentation : c’est l’histoire d’un entremêlement d’influences, où les frontières s’effacent pour permettre les rencontres interculturelles et interreligieuses. La polyphonie des voix masculines et les instruments médiévaux s’élèvent pour accompagner Ibrahim Hassan et sa Tanoura, danse spectaculaire égyptienne du XIIIe siècle. Ce dernier tourne, et tourne encore sur lui-même. Son immense costume, magnifique, lui donne l’apparence d’une toupie. Nous n’avons pas seulement changé d’époque, mais de continent également. Alors que virevolte Ibrahim Hassan, le public s’étonne, s’émerveille. Les yeux s’écarquillent, le souffle est retenu. Combien de temps tourne t-il ? On ne sait pas, peut-être dix, quinze minutes, peut-être plus encore ? Le spectacle est époustouflant, irréel, un véritable voyage vers la transe. Les sons, les paroles chantées en arabe, subjuguent. La musique est riche, raffinée, enivrante. Cette dernière représentation est plus longue que les précédentes, plus captivante encore. A un moment, la toupie humaine vacille, se déséquilibre, nos lèvres sont pendues à ses mouvements. Qui, de lui ou de nous, a le plus grand vertige ? Quand le spectacle se termine, la bulle dans laquelle cette compagnie nous a enveloppés éclate. Le public ne s’y trompe pas : Standing ovation et applaudissements à tout rompre… Ibrahim Hassan et ses compagnons musicaux concluent à merveille cette 29e édition, dans un grand voyage où le vivre ensemble et la rencontre de l’autre sont les maîtres mots. Et cela fait toujours du bien…

Après un tel programme, on a déjà hâte d’être à l’année prochaine, pour fêter la 30eme édition !     

À propos de l'auteur

Laurine

Laurine

Rédactrice Musique
Laurine, 25 ans, passionnée par la rencontre des arts d'ici et d'ailleurs. Chargée de production et de diffusion au sein d'une Compagnie en Arts Mêlés, je jongle entre Paris et Caen, toujours à l'affût de nouvelles découvertes. Pour Culturacaen.fr, je suis essentiellement rédactrice musique, chargée des chroniques et des live report, mais je fais également quelques explorations dans les arts de la rue !