Découvertes

Casse-Noisette, tout en émotion et magie…

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Ce dimanche 8 novembre, Casse-Noisette avait rendez-vous avec le public caennais au  Zénith. Jeunes – voire très jeunes – et moins jeunes sont venus découvrir cette œuvre célèbre, jouée par le ballet et l’orchestre national de Russie.

L’orchestre est là, une trentaine de musiciens menés par Vadim Nikitin, le rideau rouge et or s’ouvre enfin, pour deux heures de spectacle qui donnent tant à voir à nos yeux, qu’ils peinent à tout embrasser. Richesse des décors, richesse des costumes… Les couleurs chatoyantes des vêtements, tant féminins que masculins, s’entremêlent à ceux des décors, tout au long du spectacle. Dans le premier acte, la veillée de Noël est divine. L’effervescence du corps de ballet, tout en mouvement, les tentures et les « enfants » qui s’amusent de cour à jardin nous émerveillent, dès le premier coup d’œil. Quand l’oncle Drosselmeyer, magicien, survient, les poupées mécaniques deviennent vivantes. Ainsi, Arlequin et ses camarades se succèdent dans des danses palpitantes…

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A la nuit tombée, alors que Clara s’est endormie, les souris maléfiques attaquent les petits soldats, menés par Casse-Noisette, le jouet reçu par la petite fille, de la part de son oncle. Casse-Noisette est fin, élégant, aérien face aux souris, finalement mises en déroute, grâce à l’aide de Clara. Devenu prince grâce au coup de baguette de l’oncle Drosselmeyer, Casse-Noisette s’enfuit avec Clara dans un périple onirique. Le premier acte se clôture sur un tableau féérique. L’ensemble des ballerines rejoint le plateau, telle une pluie de flocons de neige. Dans cette atmosphère hivernale, leur synchronisme et leur grâce éblouissent. Les pointes claquent sur le parquet, d’un même son. Quand les ballerines forment leur diagonale, elles semblent ne faire plus qu’une, hydre poétique aux têtes multiples…

L’acte II est tout aussi beau, sinon plus. Dans leur épopée, Clara et le Prince sont accueillis par les jouets. Tour à tour, les poupées prennent vie. Deux danseuses virevoltent dans leur robe espagnole, encadrées d’un toréador. Les poupées chinoises rebondissent, éventail en main. L’homme au turban devient charmeur de femme-serpent, voluptueuse et ensorcelante. Les poupées russes se lancent dans une danse enflammée, saluée par le public. Le duo formé par Clara, interprétée par Ekaterina Tikhonova, et le Prince, Valeriy Tselichsev, est d’une tendre justesse. Les portées se succèdent, alors que la danseuse tournoie.

L’ensemble du ballet est une poésie, une ode à l’enfance. On s’y émerveille, les yeux grands ouverts. Les danseurs évoluent tout en légèreté. Parfois, nous les penserions flotter au-dessus du sol. La qualité des interprètes, danseurs et musiciens, est évidente. Quand se font entendre les airs les plus connus de Tchaïkovsky, les sourires s’élargissent un peu plus. Les tableaux sont fournis, minutieusement chorégraphiés. La densité des artistes au plateau nous laisse parfois penser qu’ils s’apprêtent à s’entrechoquer, sans que jamais ils ne se frôlent.

Au salut, les applaudissements sont nourris. Le public se lève, pour une longue standing ovation. Qu’elle ne fut pas notre déception, en sortant, de ne trouver ni flocons de neige, ni oncle magicien. Il faut dire que, l’espace de deux heures, nous avons oublié où nous étions. Clara et Casse-Noisette étaient nos meilleurs compagnons de voyage…

À propos de l'auteur

Laurine

Laurine

Rédactrice Musique
Laurine, 25 ans, passionnée par la rencontre des arts d'ici et d'ailleurs. Chargée de production et de diffusion au sein d'une Compagnie en Arts Mêlés, je jongle entre Paris et Caen, toujours à l'affût de nouvelles découvertes. Pour Culturacaen.fr, je suis essentiellement rédactrice musique, chargée des chroniques et des live report, mais je fais également quelques explorations dans les arts de la rue !