Divers Hors les murs

Carnaval de Granville 2015

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Du 13 au 17 février 2015 avait lieu la 141ème édition du Carnaval de Granville. CulturaCaen a eu l’occasion d’interviewer le conseiller général du canton de Granville, monsieur Jean-Marc Julienne.

 

© CulturaCaen (2015)
Comment expliquez-vous qu’après autant d’éditions le Carnaval de Granville reste aussi populaire ?

Jean-Marc Julienne : Parce qu’il est dans les gènes des Granvillais dans la mesure où leurs parents et même leurs grand-parents faisaient déjà carnaval. De plus, le carnaval de Granville correspond bien à la philosophie des carnavals des bords de mer puisqu’il est associé au départ des marins pour Terre-Neuve, au Canada, pour la pêche. Les pêcheurs recevaient un tiers ou la moitié de leurs soldes avant de partir et ils faisaient la fête parce qu’ils savaient que pendant six mois ils allaient vivre dans le froid, les pieds dans le sel et dans l’eau. C’était une période qui allait être compliqué donc ils faisaient la fête pour tenir le coup si je puis dire.

 

Depuis plusieurs années, on peut observer des changements dans la programmation du carnaval (concerts, feu d’artifice, etc.). Quels sont les objectifs de cette manœuvre ?

Jean-Marc Julienne : L’idée est de remplir la programmation d’une manière intelligente, c’est-à-dire qu’il y a deux journées avec une fête importante chaque jour (ndlr : le défilé du dimanche et du mardi) et nous essayons de compléter cette programmation en occupant davantage les journées les plus légères. Cela permet à beaucoup de gens pour une somme faible, voire nulle, d’assister à un concert d’un groupe connu nationalement, Zebda cette année. Donc c’est une bonne idée. De la même manière, ce qu’il y a de nouveau lors de cette édition et qui a été réussi, c’est le fait de mettre un feu d’artifice qui se déroule le dimanche soir après la cavalcade nocturne. Le carnaval doit être renouvelé sans arrêt par petites touches : on garde ce qui est nouveau, ce qui marche et on élimine ce qui ne marche pas sans toutefois supprimer la partie principale qui est quand même la cavalcade du dimanche et la cavalcade du mardi. Cette année, il y a eu l’organisation du bal à maman qui est un événement extraordinaire le lundi soir. Cela a permis à une partie des granvillais, carnavaliers de longues dates, de s’amuser à nouveau, puisque le bal à papa était devenu quelque chose de trop important.

 

Depuis l’année dernière, de nombreux évènements sont venus bouleverser l’activité locale (élections, attentats du 7 janvier). L’avez-vous ressenti dans cette édition du carnaval ?

Jean-Marc Julienne : Par rapport à Charlie, je n’ai pas senti du tout d’envie de ne pas faire la fête. Il y a un ou deux chars qui ont parlé de Charlie. Personnellement, j’étais à Paris le jour de la grande marche républicaine, je fais partie des granvillais qui se sont déplacés. À Granville, il y avait 5000 personnes ce qui signifie qu’il y avait un intérêt très fort des granvillais pour défendre la liberté d’expression. C’est normal qu’ici on soit capable de défendre la liberté d’expression et on continuera de le faire. Le carnaval est un exutoire qui comme Charlie Hebdo, à sa mesure, peut permettre de faire des remarques aux politiques locales, régionales et mondiales.

 

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