Découvertes Divers

Azimut : le cirque d’Aurélien Bory, tout en poésie.

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Après une première collaboration, en 2004, pour le spectacle Taoub, Aurélien Bory signe une nouvelle mise en scène avec le Groupe Acrobatique de Tanger, pour la pièce Azimut. Accueillie pour quatre représentations, du 28 au 31 janvier, au Théâtre de Caen, nouvellement rénové, celles-ci ont ravi le public caennais.

L’ensemble de la pièce se déroule dans un clair-obscur intrigant. Dans les premiers temps, quand les acrobates apparaissent sur le rideau noir du fond, faiblement éclairé, l’œil nous trompe. On penserait presque à la projection d’une image. Apparition, c’est donc bel et bien le mot. Ils surgissent, pour repartir aussi vite. En réalité, il s’agit bien du groupe d’acrobates qui, une heure durant, s’emploie à nous présenter l’acrobatie comme on la voit rarement. C’est fin, délicat, poétique, et aussi, impressionnant.

Dans ce spectacle, les artistes se jouent sous nos yeux des lois de la gravité : d’énormes sacs se balancent en suspension, les fils s’entrecroisent en une toile où évoluent les acrobates, et mieux encore, l’un d’entre eux marche au plafond ! On perd le sens de notre propre réalité, le spectateur est placé dans une délicieuse apesanteur. Arrive un moment où on ne cherche plus à comprendre la technique employée. On réprime les « comment ? » soulevés par notre esprit, pour savourer pleinement ce qui se déroule face à nous. Les acrobates évoluent dans des pyramides réalisées à une rapidité déconcertante. Il en est de même pour les longues séries de roues effectuées pour traverser la scène, de jardin à cour. Le mouvement y est mis à l’honneur, et se décompose sous nos yeux, comme dans les études photographiques d’Etienne-Jules Marey. Nos yeux ravis en redemandent.

Tout est d’une maitrise parfaite. Chaque sculpture humaine, chaque acrobatie est une chorégraphie finement ciselée. Trois artistes, accrochés à un câble, volent du devant à l’arrière de la scène et leurs cris résonnent dans de longs échos. On en aurait presque le vertige. Les interventions chantées en arabe par Najib El Maïmouni Idrissi et Raïs Mohand complètent ce périple aux allures de voyage céleste.

Azimut offre à nos yeux un spectacle d’une douce poésie où la mélancolie croise le mystique. La pièce nous entraine dans une réflexion sur la vie et la mort, sur une forme d’éternel retour. On aimerait tirer davantage sur le fil, et poursuivre cette douce aventure, sublimée par les douze artistes présents sur scène. Les applaudissements nourris, à la fin, n’en sont que le plus beau témoignage.

À propos de l'auteur

Laurine

Laurine

Rédactrice Musique
Laurine, 25 ans, passionnée par la rencontre des arts d'ici et d'ailleurs. Chargée de production et de diffusion au sein d'une Compagnie en Arts Mêlés, je jongle entre Paris et Caen, toujours à l'affût de nouvelles découvertes. Pour Culturacaen.fr, je suis essentiellement rédactrice musique, chargée des chroniques et des live report, mais je fais également quelques explorations dans les arts de la rue !