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A Bayeux, plein feu sur les 30e Médiévales !

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Nous étions 60 000 sur l’ensemble de la semaine, réunis dans les rues de Bayeux, pour vivre au rythme de la programmation des 30e Médiévales. Curieux, yeux et oreilles grands ouverts, on a déambulé, au milieu des belles propositions artistiques qui nous ont prouvé, une fois de plus, que sous une couverture médiévale, la ville nous ouvrait les portes d’un véritable festival d’arts de rue, où saltimbanques aux couleurs chamarrées et aux univers vastes comme le monde venaient bousculer les pavés et nourrir les spectateurs…

Rencontrée en mars, Adeline Flambard, responsable de l’Action Culturelle à Bayeux, (interview ICI) nous avait prévenu que cette édition serait plus dense. On vous raconte à quel point elle l’a été !

Parmi nos coups de cœur, il y a eu la compagnie Aouta (interview ICI), venue présenter sa dernière création, Macabra, inspirée des danses macabres. Arborant de sublimes masques en crâne, vêtus de costumes colorés, les artistes ont embrigadé petits et grands dans leurs rites charivaresques. La représentation du samedi soir a été particulièrement réussie. Cornemuse, flûte, percussions se sont entremêlées à la jongle, à la danse, avec quelques fumigènes pour finir de nous transcender. Pari réussi, le public a été conquis. Au fil du week-end, leurs déambulations macabres ont interpellé les spectateurs, séduits par cette proposition atypique !

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Comme chaque année, les coins de rue offraient par surprise des rencontres étonnantes avec de belles compagnies en déambulation. Parmi celles-ci, Desmodium et sa parade A la lisière du Nord nous a émerveillés. Les maquillages et les costumes, vraiment sublimes, ont fait de leur pérégrination un bel instant, visuellement très réjouissants. Ses échassiers acrobatiques, farceurs, intrigants et mystérieux, ont illuminés les rues de la ville (…et fait peur à quelques uns, mais n’est-ce que le parcours initiatique de tout jeune bayeusain ?).

Cette année, il fallait également compter sur les déambulations théâtrales de Sembadelle (interview ICI), jeune compagnie à l’énergie et l’envie débordantes. S’ils ont joué L’Amour médecin en fixe, deux fois par jour, ils ont également sillonné les rues avec leur excellent Cortège des Epousailles, à la recherche d’un époux pour Dorimène. La compagnie a exploité les joies de la farce, allant à la rencontre du public, dans une ambiance de franche rigolade.

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En déambulation, c’est également Faï (interview ICI) qui a surpris et émerveillé le public. Le samedi soir, en nocturne, ils ont joué La Porte entre les Mondes, spectacle de feu réunissant circassiens, danseurs de feu et univers musical aussi inspiré qu’inspirant. Devant une foule abondante, il était compliqué d’entrapercevoir quelque chose, depuis le fond du public. En revanche, le dimanche, ils ont déambulé, accompagnés de leur char.  Avec eux, le feu croise les étincelles, comme des membres à part entière, vivants, au sein de cette compagnie à l’univers fantastique…

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Enfin, il y eu le groupe Dayazell (interview ICI), de la compagnie Armutan. Dayazell est une caravane, un convoi de bonnes ondes musicales, plein de lumières, qui nous conduit de l’Arménie à la Suède, de l’Espagne arabo-andalouse à la Mongolie. Le dimanche, dans la cathédrale, assis sur le sol, face à ces artistes multi-instrumentistes, touches à tout passionnés, le voyage avait des allures mystiques, régénérant. Plus tard, dans l’après-midi, sur la scène de l’Hôtel de ville, les rayons du soleil, joyeusement de retour, ont répondu à leurs sonorités orientales, distillées avec une humanité et une sincérité évidentes, et tellement belles… De Bayeux à Byzance, il n’y a qu’un pas, que Dayazell nous a fait franchir, yeux fermés, aux détours de milles parfums, couleurs et paysages…

Peu avant 19h, les abords de la cathédrale sont devenus le théâtre d’un étrange bœuf artistique, réunissant les compagnies Desmodium, Faï, Aouta et Yalicko. Echassiers, musiciens, et jongleurs sont venus tour à tour offrir leurs improvisations…

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Tout le week-end, les arts de rue ont été à l’honneur, sur les pavés bayeusains. Musiciens, échassiers, jongleurs, et circassiens ont fait résonner leurs arts… et comme l’arborait si bien sur son tambour la musicienne du groupe Penn Kazh : « Eteins ta télé et sors ! Le spectacle est dans la rue ! ».

À propos de l'auteur

Laurine

Laurine

Rédactrice Musique
Laurine, 25 ans, passionnée par la rencontre des arts d'ici et d'ailleurs. Chargée de production et de diffusion au sein d'une Compagnie en Arts Mêlés, je jongle entre Paris et Caen, toujours à l'affût de nouvelles découvertes. Pour Culturacaen.fr, je suis essentiellement rédactrice musique, chargée des chroniques et des live report, mais je fais également quelques explorations dans les arts de la rue !