Cinéma Critiques

On a vu : Marguerite et Julien à l’Odéon de Cherbourg

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Valérie Donzelli a présenté en avant première son dernier film Marguerite et Julien au Cinéma l’ODEON de Cherbourg. 

Reportage

Dès le début, ça commence très fort, c’est intense comme dans la bande annonce de 1 min 36 : Valérie Donzelli nous plonge aussitôt dans un univers détonnant, et met le ton avec une musique rock des années 60, « Oh My Love », du groupe The Artwoods, comme dans Main dans la Main avec Electricity de OMD. Jérémie Elkaïm et Anaïs Demoustier, d’une ressemblance frappante, ainsi bien par leur grain de peau que par leurs cheveux de jais, nous entraînent dans leur course effrénée pour la liberté … Leur liberté, de s’aimer simplement.

« Marguerite et Julien sont frère et sœur, mais c’est Julien l’aîné. Ils s’aiment si fort, que rien ne pourrait les séparer. »

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Très rapidement, on nous raconte une histoire à la manière des contes de fée « il était une fois … Ils vivaient dans un château magnifique » (eh oui !!), et nous voilà à Tourlaville !

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Tout Normand, et particulièrement tout Manchois se délectera des prises de vues absolument magnifiques, on reconnaît très bien l’église de Gonneville, la Hague, Barfleur, et aussi Tatihou ! Notre région est superbement mise en valeur, et c’est plaisant à voir sur grand écran.

Valérie Donzelli a volontairement mélangé les époques, pour en faire un film intemporel ; les Ravalet sont à cheval tandis que Lefèbvre roule en Mustang, symbole pour elle de la richesse. Les critiques cannoises avaient alors parlé d’anachronisme. En effet, certains mélanges peuvent agacer, Valérie ajoute des détails de décor(hélicoptère, micros…)  inutiles à l’histoire ; tout au moins, cela n’apporte rien au film.

Cependant, le reste est empreint de la patte de Valérie ; on reconnaît son style, certains angles, ses prises de vue. La fin est semblable à celle de Main dans la main, un gros plan tandis que Jérémie et Anaïs murmurent  et répètent les mêmes phrases. Et surtout, et c’est ce qui donne la dynamique du film, Valérie, qui écrit en musique, mélange aussi les styles, entre le classique et le rock, quoique cette fois, c’était très baroque !

Pour terminer, le Château, remeublé avec des meubles Normands, est magnifique sous les projecteurs. On reconnaît bien la salle avec la grande cheminée, l’escalier, et surtout, oh privilège, la chambre bleue de Marguerite, dont l’accès au public est désormais autorisé depuis cet été !

Vendredi 7 novembre - Au Château des Ravalet (8) Vendredi 7 novembre - Au Château des Ravalet (4)

Maintenant, passons à l’avant-première, et ce que Valérie dit de son film et du tournage.

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Valérie, qui a reconnu être très émue d’être ici, car cela lui rappelait plein de bons souvenirs, s’est prêtée au jeu des questions-réponses avec un plaisir non dissimulé d’expliquer pourquoi elle a souhaité faire ce film.

Les questions ont débuté par le mélange d’époques, qui avait donc étonné et dérouté à Cannes; Valérie ne souhaitait pas faire de reconstitution historique, s’en sentant de toute façon incapable. Ce qui l’intéressait dans cette histoire est cet amour impossible, qui se vit comme une maladie et atteint d’une certaine façon toute la famille. Elle voulait montrer jusqu’où Marguerite et Julien pouvaient aller par amour, et surtout qu’ils vivaient cela comme une fatalité. Ce qui l’intéressait aussi, c’est de creuser cette légende, et de « savoir ce qu’ils sont devenus ».

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Elle a été ébahie devant la beauté de la région « vous vivez dans une région incroyablement magnifique ! », elle s’étonnait des changements de couleur, du vent qui tournait, de doubles arc-en-ciel … Au tout départ ils avaient pensé tourner devant un pan de mur vert, pour le côté minimaliste, et on leur a dit que le Château existait encore, et alors « le film a été possible car le château était possible ». Ils ont bien bichonné le Château, qui leur a semblé être tout à fait « le Château des Contes de fées », sentant les âmes de Marguerite et Julien avec eux.

 

Le film sortira dans les salles obscures le mercredi 2 décembre, date de l’exécution en place de Grève des amants maudits. Coïncidence?

 

À propos de l'auteur

Julie

Julie

De formation scientifique, je m'intéresse au théâtre, au cinéma et à l'écriture depuis toute petite, ce qui me permet de trouver un juste équilibre entre vie professionnelle et passions ! Sur Culturacaen, je partagerai avec vous l'actualité culturelle sur Cherbourg.