Cinéma Critiques

Deauville 2015 : Agents Très Spéciaux – Code U.N.C.L.E

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Au début des années 60, en pleine guerre froide, Agents très spéciaux – Code U.N.C.L.E. retrace l’histoire de l’agent de la CIA Solo et de l’agent du KGB Kuryakin. Contraints de laisser de côté leur antagonisme ancestral, les deux hommes s’engagent dans une mission conjointe : mettre hors d’état de nuire une organisation criminelle internationale déterminée à ébranler le fragile équilibre mondial, en favorisant la prolifération des armes et de la technologie nucléaires. Pour l’heure, Solo et Kuryakin n’ont qu’une piste : le contact de la fille d’un scientifique allemand porté disparu, le seul à même d’infiltrer l’organisation criminelle. Ils se lancent dans une course contre la montre pour retrouver sa trace et empêcher un cataclysme planétaire.

 

Men Of Style.

 

Le nouveau cinéma anglais de la fin des années 90 s’est imposé comme un véritable ponte du divertissement. En témoigne encore cette année avec deux nouveaux films : Kingsman de Matthew Vaughn (à qui l’ont doit Kick-Ass et le très habile reboot de la saga X-Men avec First Class) et donc Agents Très Spéciaux de Guy Ritchie (qui avait insufflé un style particulièrement fun et décalé dans deux adaptations cinématographiques de Sherlock Holmes). Pas vraiment de surprise donc à retrouver ce qui fait le charme des réalisations du cinéaste : choix des musiques parfait, humour et classe britanniques (même s’il est question d’espions russes et américains) et un rythme effréné, marque de fabrique du monsieur (presque aucun plan de plus de 5 secondes).

 

Tout au long du film, le réalisateur ne cache pas un certain désintérêt pour les scènes d’actions classiques : lorsque celles de Sherlock Holmes était très stylisées (effets de ralenti et d’accélération avec voix-off), celles de son nouveau film sont très vite expédiées. Il préfère rendre hommage aux films d’espionnage des années 60 en suggèrant toute agitation et en s’attardant sur autre chose, notamment lors d’une séquence savoureuse ou Armie Hammer est poursuivi en bateau dans un port et que le tout est filmé à travers un rétroviseur inspecté par Henry Cavill dégustant un sandwich en écoutant la radio. Mais l’ensemble ne peut pas non plus être qualifié d’avare en action puisque Guy Ritchie stylise tout de même celle-ci, de façon intéressante (lorsque l’agent américain traverse un plan d’eau en buggy) ou non (la scène d’ouverture qui est un peu plate et déjà-vu).

 

Il est surtout regrettable que l’ensemble manque de profondeur et l’absence volontaire de spectaculaire y est bien évidemment pour quelque chose. Le film s’appuie donc davantage sur la performance et le style de ses trois acteurs principaux (Alicia Vikander, femme robot d’Ex Machina est encore superbe) et sur l’alchimie, assez surprenante finalement, de leur rencontre. Les flashbacks omniprésents restent relativement drôles, dans leur composition comme dans leur fréquence d’apparition. Agents Très Spéciaux est donc un « bon » film, dans le sens le plus basique : divertissant, sympa et bien rythmé mais souffrant d’un impact de l’esthétique un peu faible est d’un scénario finalement peu captivant.

 

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